La Porta est un bel exemple de la musique pour double chœur (en italien cori spezzati). Il s’agit d’ une technique d’écriture et de mise en espace très en vogue en Italie à la fin de la Renaissance et au début du baroque, qui consiste à répartir les chanteurs en deux groupes distincts (souvent placés à distance l’un de l’autre, par exemple dans des tribunes opposées). Les deux chœurs dialoguent en alternance (réponses, échos, imitations), se superposent parfois en textures plus denses, et culminent dans des passages où ils se réunissent pour produire un effet de splendeur sonore et de contraste très spectaculaire. Cette manière d’écrire met en valeur l’architecture des églises, la clarté des lignes, et une dramaturgie musicale fondée sur le jeu entre proximité et éloignement, douceur et puissance, intimité et solennité.
Note biographique sur le compositeur
Giovanni Domenico Rognoni Taeggio (né probablement à Milan dans la seconde moitié du XVIᵉ siècle, mort à Milan avant octobre 1624) est un organiste et compositeur milanais, fils de Riccardo Rognoni. D’après Picinelli, il était prêtre. Il semble avoir passé toute sa vie à Milan : actif comme organiste dès 1600, il est organiste de l’église San Marco en 1605 (année où il publie des Canzoni dédiées à Prospero Lombardo et liées à son académie). Il devient ensuite maestro di cappella de San Sepolcro et de la cour ducale au plus tard avant 1619, et y reste probablement jusqu’à sa mort, attestée indirectement par la dédicace (1624) d’un recueil de Michel’Angelo Grancini, son successeur.
Rognoni Taeggio compose de la musique vocale sacrée et profane ainsi que de la musique instrumentale. Il publie plusieurs recueils (quatre individuels et deux anthologies) et nombre de ses œuvres sacrées paraissent dans des miscellanées imprimées à Milan entre 1596 et 1626. Certaines pièces circulent aussi dans des collections d’autres compositeurs (duos de Gastoldi en 1598, recueil de son frère Francesco en 1608). Un Requiem et des motets figurent dans le Secondo libro de concerti de Grancini (1624). Une collection de messes à 4 voix aujourd’hui perdue est signalée dans des catalogues ultérieurs (1635, 1676).
Résumé de : Lattes, Sergio; Toffetti, Marina. “Rognoni (Riccardo, Giovanni Domenico, Francesco)”. Grove Music Online (Oxford Music Online). Oxford University Press.